
Il n'y a aucune différence entre un cafard et une blatte : c'est le même insecte. « Blatte » est le nom des naturalistes, « cafard » celui de tous les jours. En revanche, il existe plusieurs espèces de blattes, et c'est là que la différence compte vraiment.
Sur le terrain, en Île-de-France, je rencontre surtout deux espèces : la blatte germanique dans les cuisines et les salles de bain, la blatte orientale dans les caves et les rez-de-chaussée. Deux autres se voient plus rarement, la blatte américaine et la blatte rayée. Sans oublier une petite blatte sauvage qui entre l'été par la fenêtre et qui n'a rien d'une infestation.
Voici comment les reconnaître à l'œil nu, où chacune vit, et ce que l'espèce change pour le traitement des cafards et des blattes.
Cafard, blatte, cancrelat : un seul insecte, plusieurs noms
Le mot « blatte » vient du latin blatta. C'est le terme employé par les naturalistes pour un insecte au corps aplati, aux longues antennes, de mœurs nocturnes.
« Cafard » est un nom plus populaire, qui a d'abord désigné un hypocrite, un faux dévot. Le dictionnaire de l'Académie française le donne aujourd'hui comme le nom usuel de la blatte. C'est aussi lui qu'on retrouve dans « avoir le cafard ».
« Cancrelat », emprunté au néerlandais, est pour l'Académie le nom populaire de la blatte américaine, même si beaucoup l'emploient pour toutes les blattes. Au Québec, on parle plutôt de coquerelles. Tous ces mots visent le même groupe d'insectes, distinct des scarabées et des punaises.
Pour savoir si vous avez bien affaire à une blatte, fiez-vous à trois indices :
- un corps plat et ovale, qui se glisse dans une fente de quelques millimètres ;
- de longues antennes très fines ;
- une course rapide vers l'ombre dès que vous allumez.
Les jeunes, appelés larves ou nymphes, ressemblent aux adultes en plus petit et sans ailes. Si vous en voyez de toutes les tailles, les blattes se reproduisent chez vous.
La blatte germanique, le cafard des cuisines
C'est l'espèce que je traite le plus souvent en appartement. Elle mesure 1 à 1,5 cm, elle est brun clair, et elle porte deux bandes sombres bien parallèles sur le « bouclier » qui se trouve derrière la tête. Les jeunes ont déjà ces deux bandes.
Elle vit à l'intérieur, là où il fait chaud et humide : derrière le frigo, le four et le lave-vaisselle, sous l'évier, dans les charnières des placards, parfois dans la salle de bain. La femelle garde sa capsule d'œufs accrochée à l'abdomen jusqu'à peu avant l'éclosion. Chaque capsule contient une trentaine à une quarantaine d'œufs, et une génération complète prend environ trois mois : voilà pourquoi une petite population devient vite une grosse.
Elle voyage bien : dans un carton de livraison, un sac de courses, un appareil d'occasion. C'est souvent ainsi qu'elle arrive dans un appartement pourtant propre.
Ce que ça change pour le traitement : la germanique se traite chez vous, au plus près de ses cachettes, avec un gel appât posé en petites gouttes et un second passage pour les jeunes nés après le premier. Elle résiste aussi de mieux en mieux aux insecticides, ce qui oblige à combiner plusieurs méthodes. J'ai détaillé la méthode complète pour s'en débarrasser dans un guide à part.
La blatte orientale, grande et noire, qui monte des caves
Plus grande que la germanique, 2 à 3 cm, la blatte orientale est noire ou brun très foncé, et brillante. La femelle n'a presque pas d'ailes, le mâle a des ailes courtes qui couvrent environ les trois quarts de l'abdomen. Elle ne vole pas et se déplace plus lentement que les autres espèces.
Elle aime le frais et l'humide : caves, vides sanitaires, égouts, colonnes d'évacuation, locaux poubelles. Dans les immeubles anciens, on la trouve surtout au rez-de-chaussée et au sous-sol. Elle se nourrit volontiers de déchets et de matières en décomposition.
Un indice qui ne trompe pas : elle grimpe mal sur les surfaces lisses. Une grosse blatte noire coincée au fond d'une baignoire ou d'un lavabo, c'est souvent elle.
Ce que ça change pour le traitement : la blatte orientale ne naît pas dans votre cuisine, elle y monte. Traiter seulement l'appartement ne suffit pas. Il faut chercher la source en dessous (cave, colonne, local poubelles, regard) et la traiter là, par pulvérisation ou nébulisation. Ce sont souvent des parties communes : c'est au syndic de faire traiter, et je peux intervenir dans le cadre des contrats pour les syndics et les professionnels.
Blatte américaine et blatte rayée : plus rares, mais à connaître
La blatte américaine
C'est la plus grande des blattes qu'on peut croiser dans un bâtiment : autour de 4 cm, parfois un peu plus. Elle est brun-roux, avec une bordure claire autour du bouclier derrière la tête. Ses ailes sont bien développées et elle peut voler, même si elle le fait rarement.
Elle vit dans les endroits sombres et humides : égouts, sous-sols, vides sanitaires, grands bâtiments et commerces. En logement, je la croise rarement. Quand elle apparaît, la piste mène presque toujours aux réseaux et aux sous-sols de l'immeuble.
La blatte rayée
Petite, un peu plus d'un centimètre, la blatte rayée n'a pas les deux bandes longitudinales de la germanique. Elle porte à la place deux bandes claires en travers du corps et des ailes. Le mâle est doré, la femelle plus foncée.
Surtout, elle ne se limite pas à la cuisine. Elle aime la chaleur, s'accommode de pièces plus sèches que la cuisine et peut s'installer dans n'importe quelle pièce : derrière un cadre, dans un meuble, dans les appareils électriques ou tout près d'eux. La femelle colle ses capsules d'œufs sous les meubles, au plafond ou dans les placards.
Ce que ça change pour le traitement : contre la blatte rayée, on cherche ses cachettes dans toutes les pièces, et pas seulement dans la cuisine.
La blatte des bois, la visiteuse d'été qui n'infeste pas
Il existe aussi des blattes sauvages, dites blattes des bois. Elles vivent dehors, dans les feuilles mortes, les haies et les massifs, et se nourrissent de débris végétaux. Brun clair, autour d'un centimètre, elles ressemblent à s'y méprendre à une petite blatte de cuisine.
Au printemps et en été, certaines entrent le soir par une fenêtre ouverte, attirées par la lumière. Les mâles volent très bien. Une fois dans la maison, elles ne trouvent pas de quoi se nourrir et ne survivent pas longtemps : elles ne s'installent pas.
Comment faire la différence avec une blatte germanique ? Par le contexte, surtout :
- vue en été, près d'une fenêtre ou d'une lampe, souvent en vol ;
- aucune crotte ni capsule dans la cuisine ;
- une apparition isolée, qui ne se répète pas les nuits suivantes.
Dans ce cas, pas besoin de traitement : sortez-la, et posez une moustiquaire si ces visites vous gênent. Si vous avez un doute, quelques pièges collants dans la cuisine pendant une ou deux semaines trancheront. Et pour savoir quoi faire quand vous n'avez vu qu'un seul cafard, les vérifications sont simples.
Reconnaître l'espèce, c'est déjà la moitié du traitement
Cafard ou blatte, c'est le même insecte. Ce qui compte, c'est l'espèce. Petite, brun clair avec deux bandes sombres, dans la cuisine : blatte germanique, à traiter chez vous. Grande et noire, près des siphons ou au rez-de-chaussée : blatte orientale, qui vient des caves. Rousse et très grande : blatte américaine. Petite avec des bandes en travers, dans les chambres : blatte rayée. Vue un soir d'été près d'une lampe : sans doute une blatte des bois.
En cas de doute, envoyez-moi une photo sur WhatsApp ou appelez-moi : le diagnostic est gratuit, et je vous dis tout de suite ce que c'est et comment on s'y prend.

