
En hiver, le moustique tigre ne vole pratiquement plus en Île-de-France : il passe la mauvaise saison sous forme d'œufs. Celui qui vous pique en décembre ou en janvier est le plus souvent un moustique commun. Soit une femelle venue s'abriter dans une cave ou un garage, soit, si les piqûres reviennent nuit après nuit, un moustique né sur place, dans une eau stagnante à l'abri du froid : cave inondée, vide sanitaire humide, sous-sol, regard.
Autrement dit, un moustique dans la maison en hiver est un indice. Il y a de l'eau quelque part, pas loin, et tant qu'elle reste là, d'autres moustiques continueront de naître.
Je vous explique comment vérifier que c'est bien un moustique, où chercher cette eau dans une maison ou un immeuble, ce que vous pouvez faire vous-même, et quand il vaut mieux me confier la cave.
Pourquoi certains moustiques survivent à l'hiver
Le moustique tigre, d'abord. Dans la région, ses adultes disparaissent avec le froid. L'espèce survit grâce à ses œufs, pondus à la fin de l'été sur la paroi des récipients, qui attendent le printemps pour éclore. L'Agence régionale de santé le surveille de mai à novembre, sa saison d'activité. Si vous êtes piqué en janvier, ce n'est presque certainement pas lui.
Le moustique commun (Culex pipiens) a deux façons de faire :
- Les femelles fécondées à l'automne font leurs réserves en se nourrissant de jus sucrés de plantes, puis s'abritent dans un endroit sombre qui ne gèle pas : cave, vide sanitaire, garage, abri de jardin. Elles y restent engourdies, posées aux murs et au plafond, et ne repartent qu'au printemps. Les mâles, eux, ne passent pas l'hiver.
- Une forme urbaine du même moustique, adaptée aux sous-sols, ne s'arrête pas. Elle peut se reproduire tout l'hiver dans l'eau des caves inondées, des fosses et des regards, tant que l'endroit reste sombre et tiède, et elle pique volontiers l'être humain, à l'intérieur. Ses femelles peuvent même pondre une première fois sans avoir piqué : une petite population peut ainsi s'installer dans une cave fermée.
Le froid ralentit leur développement sans l'arrêter. Dans une eau à 15 °C, il faut environ trois semaines pour passer de la larve à l'adulte, contre une petite semaine à 30 °C. Une eau tiède, dans une cave proche d'une chaudière ou de tuyaux d'eau chaude, peut donc produire des moustiques tout l'hiver.
Moustique, chironome ou punaise de lit : vérifiez d'abord
Avant de soupçonner la cave, assurez-vous que l'insecte est bien un moustique qui pique. En hiver, plusieurs bestioles lui ressemblent.
- Le moustique commun : brun clair, sans rayures blanches, moins d'un centimètre. On l'entend voler près de l'oreille, et on le retrouve souvent posé au plafond le matin.
- Un gros moustique aux pattes rayées de blanc et aux ailes tachetées : c'est sans doute Culiseta annulata, une espèce européenne nettement plus grande que le moustique tigre. Elle reste active plus tard à l'automne et plus tôt au printemps que les autres, et peut piquer dedans comme dehors. Le moustique tigre, lui, est petit et porte une ligne blanche au milieu du dos : mon guide pour reconnaître le moustique tigre montre la différence.
- Un insecte fin, sans trompe, dont le mâle porte des antennes en plumeau : c'est un chironome. Il ressemble beaucoup à un moustique, mais il ne pique pas.
- Un très grand « moustique » maladroit aux pattes interminables : une tipule, totalement inoffensive.
Et si vous avez des boutons au réveil sans jamais voir ni entendre de moustique, pensez à autre chose. Des boutons groupés ou alignés, qui reviennent chaque matin, font penser aux punaises de lit : regardez comment reconnaître des piqûres de punaises avant d'accuser un moustique. En plein hiver, la confusion est fréquente.
Caves, vides sanitaires, sous-sols : où chercher l'eau
Quand les piqûres reviennent chaque nuit, la source est rarement loin. Prenez une bonne lampe et passez en revue :
- La cave : une flaque qui ne sèche plus depuis les dernières grosses pluies, une infiltration par un soupirail, une canalisation qui goutte, le fond d'un puisard ou d'une pompe de relevage.
- Le vide sanitaire : une petite fuite ou de la condensation suffit à y laisser une eau stagnante. Ouvrez la trappe et éclairez le sol.
- Les sous-sols d'immeuble : caves, parking souterrain, local de la chaufferie, où l'eau reste tiède.
- Les regards, fosses septiques et puisards : ces eaux chargées de matière organique sont celles que le moustique commun préfère. Regardez d'en haut, sans jamais descendre dans une fosse ou un regard : les gaz qui s'y accumulent sont dangereux.
- Le garage et l'abri de jardin : un seau, un bidon, une bâche pliée qui a gardé de l'eau.
- Dans la maison, plus rarement : un vase oublié, la soucoupe toujours pleine d'une grande plante.
Dans l'eau, cherchez les larves : de petits vers de quelques millimètres qui frétillent et remontent respirer à la surface. Les œufs du moustique commun flottent, collés en petits radeaux. Au plafond et dans les angles, repérez aussi les adultes au repos : dans une cave en cause, ils peuvent être nombreux.
Cette recherche est la première étape de mon traitement contre les moustiques : on traite la source, pas seulement les insectes qui volent.
Ce que vous pouvez faire vous-même
Une bonne partie du problème se règle sans produit.
- Supprimez l'eau. Pompez ou épongez la flaque, videz le puisard, retournez seaux et bidons. C'est le geste qui compte le plus : sans eau, pas de nouvelle génération.
- Trouvez pourquoi elle est là. Une fuite de canalisation, une descente d'eau pluviale qui se déverse contre le mur, une infiltration par un soupirail : si la cause reste, la flaque reviendra à la prochaine pluie.
- Aérez. Une cave ou un vide sanitaire bien ventilé sèche plus vite et garde moins de condensation. Vérifiez que les grilles d'aération ne sont pas bouchées par des feuilles ou de la terre.
- Aspirez les adultes. Engourdis par le froid, ils se ramassent facilement à l'aspirateur, avec un long embout, au plafond de la cave ou du garage.
- Fermez les passages vers les pièces de vie : une porte de cave qui ferme bien, la trappe du vide sanitaire, des joints autour des tuyaux qui traversent le plancher.
Pour les nuits en attendant, les conseils pour protéger la chambre des moustiques restent valables en hiver.
Ce qui ne marche pas : la bombe insecticide dans la cave. Elle atteint mal les adultes cachés dans les recoins, et pas du tout les larves dans l'eau : une nouvelle génération sort quelques semaines plus tard. Un produit ménager versé dans la flaque ne vaut pas mieux : il pollue sans arrêter la fuite.
En immeuble : qui agit, et quand m'appeler
Dans un immeuble, l'eau se trouve souvent dans les parties communes : caves, parking, vide sanitaire, local technique. Vous ne pouvez rien y faire seul : c'est au syndic d'agir. Pour qu'il le fasse vite, donnez-lui du concret :
- un message écrit, daté, plutôt qu'une remarque au gardien ;
- des photos de l'eau stagnante et des moustiques posés aux murs ;
- les étages et les logements touchés : un signalement porté par plusieurs voisins pèse davantage.
Si l'eau vient d'une cave privative, prévenez son propriétaire, et le syndic si la fuite vient des parties communes. En maison individuelle, c'est à vous d'agir, avec les gestes ci-dessus.
Faites appel à un professionnel quand les moustiques reviennent alors que l'eau a été enlevée, quand le gîte est inaccessible (vide sanitaire très bas, fosse, grand sous-sol), ou quand plusieurs logements sont touchés. Je cherche la source avec vous, je traite avec un larvicide biologique l'eau qu'on ne peut pas supprimer, et je traite aussi les caves et les vides sanitaires. Je vous remets un rapport écrit avec photos, utile au syndic pour décider, et une visite de contrôle est incluse. Syndics et gestionnaires trouveront le détail de mes interventions en copropriété.
Un moustique en hiver, c'est une piste à suivre
En hiver, le moustique tigre attend le printemps sous forme d'œufs. Celui qui vous pique est le plus souvent le moustique commun, et s'il revient chaque nuit, il naît tout près, dans une eau qui ne gèle pas : cave, vide sanitaire, sous-sol, regard. Supprimez cette eau, réparez ce qui l'amène, aérez et fermez les passages vers les chambres : cela compte plus que n'importe quel produit.
Si la source reste introuvable, ou si elle se trouve dans les parties communes, vous pouvez m'envoyer une photo de l'insecte sur WhatsApp ou m'appeler. Le diagnostic est gratuit : je vous dis tout de suite s'il s'agit bien d'un moustique et où chercher en priorité.


