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Rongeurs

Souris dans les murs ou le faux plafond : comment les déloger

Le bruit vient de la cloison, mais c'est hors du mur que le problème se règle : là où les souris sortent chaque nuit pour manger. Voici comment repérer leurs passages, où les attendre et pourquoi il ne faut rien glisser dans le vide.

Par le technicien de La Clinique des NuisiblesLecture 9 minPublié le 15 octobre 2026
Souris domestique sur un plan de travail de cuisine, près de miettes

Des grattements le soir derrière une plaque de plâtre, de petites courses au-dessus du faux plafond : en maison comme en appartement, ce sont très souvent des souris. Pour les déloger, on ne casse pas la cloison. Une souris peut nicher dans le vide d'un mur, mais elle en sort chaque nuit pour se nourrir, et elle s'éloigne rarement de plus d'une dizaine de mètres de son nid. C'est à ces sorties qu'on l'attend.

C'est le principe d'une dératisation des souris bien menée : repérer les passages, piéger aux bons endroits, puis refermer une fois l'activité terminée. Vous verrez comment vérifier que le bruit vient bien d'une souris, par où elle circule dans les cloisons et les plafonds, comment retrouver ses sorties et quand refermer. Et pourquoi le poison versé dans le vide du mur est l'erreur que je croise le plus souvent.

Grattements dans la cloison : comment savoir si c'est une souris

Une souris fait peu de bruit : de petits grattements rapides, des trottinements légers, souvent par séries, surtout le soir et la nuit. Le son se déplace le long du mur, parfois de bas en haut, car les souris grimpent très bien, même à la verticale, à l'intérieur d'une cloison. Des pas lourds ou un vacarme au-dessus du plafond font plutôt penser à un rat ou à une fouine : les bruits dans les combles la nuit aident à faire la différence.

Le bruit ne suffit pas. Cherchez les indices hors du mur :

  • des crottes de 3 à 6 mm, comme des grains de riz noirs, au pied des plinthes, sous l'évier ou sur les dalles du faux plafond quand vous en soulevez une ;
  • une forte odeur d'urine, qui persiste, dans un placard ;
  • des miettes de plâtre, de laine isolante ou de papier déchiqueté au sol, près d'un petit trou ;
  • des emballages grignotés dans les placards voisins.

Tous les bruits ne viennent pas d'un animal. Un tuyau de chauffage qui se dilate claque de façon sèche et régulière quand la chaudière démarre, puis le bruit cesse. Une souris, elle, gratte, se tait, puis recommence un peu plus loin. Si le bruit revient chaque soir sans aucun autre indice, ce n'est peut-être pas un rongeur.

Par où les souris circulent dans les murs et le plafond

Pour une souris, une maison récente est un réseau de couloirs. Voici ceux que je retrouve le plus souvent en diagnostic :

  • Les cloisons en plaques de plâtre : entre deux plaques montées sur rails métalliques, il y a un vide continu, souvent garni de laine isolante, idéale pour un nid.
  • Les doublages des murs extérieurs : le placo collé ou posé sur ossature laisse un espace contre le mur de façade. Les souris y entrent par le bas, au niveau des plinthes ou des passages de tuyaux.
  • Les faux plafonds : dalles ou plaques suspendues forment un étage entier où elles passent d'une pièce à l'autre sans jamais toucher le sol.
  • Les gaines techniques : en immeuble, les colonnes d'eau, les gaines électriques et les passages de câbles relient les logements entre eux. Une souris peut venir de chez un voisin ou des caves.

Elles entrent dans ces vides par des trous minuscules. Une souris passe par une ouverture de la largeur d'un crayon, environ 6 mm : un espace autour d'un tuyau, une gaine mal fermée ou une plinthe décollée suffisent. Les entrées les plus courantes depuis l'extérieur sont listées dans le guide des souris dans la maison.

Le mur n'est donc qu'un abri. La nourriture est ailleurs, et c'est le trajet entre le nid et la cuisine qu'il faut repérer.

Retrouver les points de sortie des souris

Une souris garde ses habitudes : elle sort toujours par les mêmes endroits. Les trouver, c'est la moitié du travail. Prenez une lampe torche et regardez, pièce par pièce :

  • derrière et sous l'électroménager encastré : four, lave-vaisselle, réfrigérateur ;
  • dans le caisson sous l'évier, autour des tuyaux qui traversent le fond du meuble ou le mur ;
  • au pied des radiateurs, là où les tuyaux sortent du sol ;
  • le long des plinthes, surtout aux angles et derrière les meubles lourds ;
  • autour des boîtiers de prises, des interrupteurs et des spots encastrés du faux plafond ;
  • dans le placard technique : chaudière, ballon d'eau chaude, compteur, arrivée de la box.

Une sortie active se reconnaît : crottes concentrées au même endroit, traces grasses et sombres autour du trou, bords grignotés, parfois une petite traînée de poussière de plâtre. Un trou propre et poussiéreux, sans rien autour, est souvent ancien. En immeuble, pensez aussi au coffrage des tuyaux derrière les toilettes et au placard des compteurs d'eau.

Pour confirmer, glissez le soir une boule de papier froissé dans l'ouverture, sans forcer. Si elle est repoussée ou grignotée le lendemain, le passage sert. Notez chaque sortie active : c'est exactement là que les pièges iront.

Pièges et postes : aux sorties, jamais dans le vide du mur

Le piège se pose sur le trajet, au plus près de la sortie. Un piège mécanique se place contre le mur, perpendiculaire à la plinthe, la gâchette côté mur : la souris longe toujours les parois et passe dessus. Mettez-en plusieurs, un seul suffit rarement, et laissez-les en place plusieurs nuits sans les déplacer. En cuisine, je privilégie ces pièges mécaniques, sans produit près des aliments. Dans un garage, une cave ou un local technique, j'installe des postes d'appâtage fermés à clé et fixés, hors de portée des enfants et des animaux, relevés à chaque visite.

Ce qu'il ne faut jamais faire, c'est glisser des grains ou des sachets de raticide dans le vide d'une cloison ou sur un faux plafond. Personne ne peut vérifier ce qui est consommé, ni retirer l'appât à la fin. Surtout, une souris s'éloigne peu de son nid : empoisonnée, elle a toutes les chances de mourir dans la maison, souvent dans le mur où elle vit, là où personne ne peut aller la chercher. Résultat : une odeur de cadavre, parfois des mouches, et un problème qui n'est pas réglé pour autant si les passages restent ouverts.

Même avec des postes bien placés, une souris peut mourir dans une cloison. L'odeur dure en général quelques jours ; si elle persiste, je cherche l'endroit quand il est accessible.

Refermer les passages au bon moment, sans emmurer les souris

Boucher tout de suite le trou que vous venez de trouver est tentant. C'est pourtant le plus sûr moyen de garder le problème. Une souris enfermée dans une cloison ne reste pas sagement à l'intérieur : elle ronge une nouvelle sortie, souvent dans un placard ou derrière un meuble, ou elle finit par mourir dans le mur.

Dans les murs, l'ordre est le suivant : d'abord les pièges ou les postes sur les sorties repérées, puis la fermeture des entrées qui donnent sur l'extérieur (passage de tuyau en façade, gaine, soupirail), si bien que les souris déjà dedans n'ont plus que des sorties surveillées. On attend ensuite que plus rien ne soit pris ni consommé, et la visite de contrôle sert à le vérifier. Les dernières ouvertures intérieures ne se ferment qu'à ce moment-là, avec du métal et du mortier, pas de la mousse seule. Les matériaux qui résistent aux dents, trou par trou, sont dans le guide pour boucher les trous de souris et de rats.

Au faux plafond, vérifiez aussi les trappes de visite et le tour des spots, sans rien bourrer vous-même autour d'un spot ou d'un boîtier électrique : la laine d'acier conduit le courant et un spot encastré chauffe. En copropriété, si les souris arrivent par les gaines communes, le syndic doit faire traiter les parties communes en même temps, sinon d'autres reviendront par le même chemin.

Ce qu'il faut retenir sur les souris dans les cloisons

Des souris dans un mur ou un faux plafond ne se chassent pas de l'intérieur de la cloison : on les attend à leurs sorties. Repérez les passages actifs, posez plusieurs pièges contre les murs ou faites installer des postes sécurisés, ne mettez jamais de poison dans le vide, et ne refermez les trous intérieurs qu'une fois l'activité terminée. C'est cet ordre qui évite à la fois les récidives et les mauvaises odeurs.

Si les grattements continuent après une ou deux semaines de piégeage, ou si vous ne trouvez pas d'où elles sortent, appelez-moi ou envoyez-moi une photo des crottes ou du trou sur WhatsApp. Le diagnostic est gratuit, le prix est annoncé au téléphone puis confirmé par écrit avant l'intervention, et la visite de contrôle est incluse.

Questions fréquentes

Faut-il ouvrir la cloison pour attraper une souris ?
Presque jamais. La souris sort d'elle-même chaque nuit pour se nourrir : c'est à la sortie qu'on la piège. Ouvrir un mur ne se justifie que dans de rares cas, par exemple quand une odeur de cadavre persiste et que l'endroit est bien localisé. Une trappe de visite ou le démontage d'une plinthe suffit souvent.
Une souris peut-elle ronger le placo ?
C'est possible. Une plaque de plâtre n'est pas un obstacle sérieux pour un rongeur, surtout au ras du sol ou derrière un meuble. C'est aussi pour cela qu'on ne l'enferme pas dans une cloison : bloquée, elle se crée une nouvelle sortie, parfois au fond d'un placard de cuisine.
Les ultrasons peuvent-ils faire sortir les souris du mur ?
Non. Les boîtiers à ultrasons vendus dans le commerce n'ont pas montré d'efficacité durable contre les rongeurs : les souris s'y habituent vite, et le son ne traverse pas bien une cloison. Pièges aux sorties, postes sécurisés et fermeture des passages restent ce qui marche.
Combien de temps dure l'odeur d'une souris morte dans un mur ?
En général quelques jours. Une souris étant petite, l'odeur est souvent moins forte qu'avec un rat. Aérez la pièce et ne pulvérisez pas de parfum dans le mur, cela masque sans régler. Si l'odeur persiste, appelez-moi : je cherche l'endroit quand il est accessible.

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