
Un petit rongeur au pelage fauve et aux grands yeux, qui file par bonds dans le garage ou la cave : c'est très probablement un mulot sylvestre, pas une souris grise. Il vit d'habitude dehors, dans les haies, les bois et les jardins, et entre dans les maisons quand le temps devient froid et humide. Il ne fait pas de dégâts spectaculaires, mais il grignote les réserves, souille ce qu'il touche et peut s'installer tout l'hiver. Pour s'en débarrasser, on le piège sur ses passages et on ferme les accès en même temps, puisqu'il vient de l'extérieur.
Voici comment le distinguer d'une souris, pourquoi il choisit votre maison, où le trouver et comment le faire partir durablement. Identifier l'espèce est d'ailleurs la première chose que je fais lors d'une dératisation de rats et de souris en bordure de champs ou de bois : chaque espèce a ses habitudes, et le traitement s'adapte.
Mulot ou souris grise : les différences qui se voient
Les deux se ressemblent au premier coup d'œil, mais quelques détails ne trompent pas.
Le mulot sylvestre :
- pelage brun fauve sur le dos, plus clair et jaunâtre sur les flancs ;
- ventre blanc bien tranché, parfois avec une petite tache jaunâtre sur la gorge ;
- gros yeux noirs saillants et grandes oreilles ;
- longues pattes arrière et queue à peu près aussi longue que le corps ;
- déplacement par bonds, comme un petit kangourou ; il grimpe aussi très bien.
La souris grise :
- pelage gris-brun uniforme, ventre à peine plus clair ;
- petits yeux, oreilles un peu moins grandes que celles du mulot ;
- elle trottine au ras des murs ;
- une odeur d'urine forte et des traces grasses là où elle passe, bien plus marquées qu'avec un mulot.
Côté taille, ils sont proches : 8 à 11 cm sans la queue pour le mulot, 7 à 10 cm pour la souris. Les crottes se ressemblent aussi beaucoup et ne suffisent pas à les départager ; elles servent surtout à écarter un rat, comme l'expliquent les 5 indices pour reconnaître les crottes.
Un campagnol, lui, a une silhouette plus trapue, une queue plus courte, et il trottine au lieu de sauter. Il vit surtout dans les prairies et les pelouses, où il creuse ses galeries.
Pourquoi le mulot entre dans la maison à l'automne
Le mulot est un animal des bois, des haies, des friches et des jardins. Il mange des graines, des glands, des fruits, des bourgeons et de petits insectes, et il a une habitude qui compte ici : il fait des réserves, qu'il cache dans son nid ou dans un coin abrité.
À l'automne, quand les nuits fraîchissent et que la pluie s'installe, il cherche un abri sec avec de quoi manger. Un garage mal fermé, une cave avec des fruits stockés, un abri de jardin où traîne un sac de graines : c'est exactement ce qu'il lui faut. Par temps froid ou humide prolongé, il peut aussi monter dans les doublages et les combles.
Les maisons les plus concernées sont celles qui touchent un champ, un bois ou un grand jardin arboré. Dans le Val-d'Oise, je le rencontre surtout en bordure de plaine agricole, près des massifs forestiers et dans les villages. Les rats suivent le même calendrier, pour les mêmes raisons : le froid arrive et la nourriture se fait rare, comme je l'explique à propos des rats au jardin en automne.
Contrairement au loir, le mulot n'hiberne pas : il reste actif tout l'hiver, surtout la nuit. S'il a trouvé chez vous le gîte et le couvert, rien ne l'oblige à repartir au printemps.
Garage, cave, abri : où le mulot se cache chez vous
Le mulot reste souvent près de l'endroit où il est entré : au rez-de-chaussée et dans les dépendances. Les endroits à inspecter :
- le garage, surtout derrière les cartons, les étagères et les sacs de croquettes ou de graines ;
- la cave et le cellier, près des fruits, des légumes et des provisions ;
- l'abri de jardin, les sachets de semences et les sacs de graines entamés, les tiroirs d'établi ;
- la chaufferie ou la buanderie, pour la chaleur ;
- plus rarement la cuisine, quand un passage relie le garage à la maison.
Son signe le plus parlant, ce sont ses réserves. Un tas de graines de tournesol dans une botte, des noyaux vidés au fond d'un carton, des croquettes entassées dans une boîte à chaussures : c'est très typique du mulot. Vous trouverez aussi des crottes, des fruits entamés et des nids de papier, de tissu ou d'isolant déchiqueté.
Pour le voir, regardez au crépuscule, lumière éteinte, depuis la porte du garage. Un mulot surpris file par sauts rapides et disparaît derrière un meuble. Notez par où il part : c'est souvent là qu'il passe chaque nuit, et c'est là que les pièges iront.
Les dégâts d'un mulot et les précautions à prendre
Un mulot seul ne fait pas de dégâts spectaculaires, mais il abîme ce que vous stockez :
- graines, croquettes et farine grignotées ou emportées ;
- fruits et légumes entamés dans la cave ;
- emballages, cartons et papiers déchiquetés pour le nid ;
- crottes et urine sur les réserves, qu'il faut alors jeter ;
- parfois des câbles ou des tuyaux souples rongés, comme avec n'importe quel rongeur.
Le vrai risque, c'est qu'il ne reste pas seul : une femelle peut avoir plusieurs portées par an, et un garage tranquille, avec des réserves, convient très bien à une petite famille. Plus on attend, plus il y a de passages et de cachettes à traiter.
Comme tout rongeur sauvage, il peut transmettre des germes et des parasites, et souiller les denrées avec ses crottes et son urine. Quelques précautions simples :
- ne le manipulez pas à mains nues, vivant ou mort ;
- ne balayez pas et n'aspirez pas les crottes sèches : humidifiez-les avec un désinfectant, ramassez avec des gants et de l'essuie-tout, puis jetez le tout dans un sac fermé ;
- jetez les aliments qu'il a touchés ;
- en cas de morsure, lavez la plaie et consultez un médecin.
Comment se débarrasser d'un mulot durablement
Puisque le mulot vient de dehors, le piéger sans fermer les accès revient à écoper sans boucher la fuite. Les deux se font en même temps.
- Piéger sur ses passages. Posez plusieurs pièges mécaniques contre les murs, là où vous avez vu des crottes ou des réserves, avec un appât qu'il connaît, une graine ou un éclat de noix, en très petite quantité. Vérifiez-les chaque matin. Les modèles et leur placement sont détaillés dans le guide pour choisir un piège à souris.
- Fermer les entrées. Bas de porte de garage, soupiraux, grilles cassées, passages de tuyaux, porte d'abri qui ferme mal : laine d'acier tassée sous mortier, grillage fin, seuil métallique. Tout est expliqué pour boucher les trous de souris et de rats.
- Retirer ce qui l'attire. Graines, croquettes et farine dans des bacs métalliques fermés, fruits stockés hors de portée, moins de cartons au sol.
- Contrôler. Quand plus rien n'est pris ni grignoté pendant plusieurs nuits, c'est réglé.
Relâcher un mulot capturé vivant au fond du jardin ne règle rien : tant que les accès restent ouverts, il peut très bien revenir. Si plusieurs mulots sont installés, ou si les pièges ne prennent rien, j'interviens avec des postes d'appâtage fermés à clé et fixés, hors de portée des enfants et des animaux, et je ferme les accès en même temps.
Mulot dans la maison : l'essentiel
Un rongeur fauve, aux grands yeux et aux longues pattes arrière, qui se déplace par bonds et fait des réserves : c'est un mulot. Il vient du jardin ou des champs, entre à l'automne et reste tout l'hiver si rien ne l'en empêche. La solution tient en trois gestes faits ensemble : piéger sur ses passages, fermer les entrées avec des matériaux qu'il ne ronge pas, ranger ce qui l'attire.
Si vous n'êtes pas sûr de l'espèce, envoyez-moi une photo de l'animal, de ses crottes ou de ses réserves sur WhatsApp, ou appelez-moi. Le diagnostic est gratuit, et je vous donne le prix au téléphone, puis je le confirme par écrit avant l'intervention.


