
Le piège le plus efficace contre un rat ou une souris reste la bonne vieille tapette, à condition qu'elle soit à la bonne taille, posée au bon endroit et en nombre suffisant. Un piège mal choisi, ou posé au milieu d'une pièce, peut rester des semaines sans rien attraper et vous faire croire que les rongeurs sont partis.
Avant d'acheter quoi que ce soit, sachez à qui vous avez affaire. Des crottes de quelques millimètres signalent une souris, des crottes d'un à deux centimètres un rat. En cas de doute, ces cinq indices pour distinguer rat et souris vous aideront à trancher.
Voici les types de pièges et ce que j'en pense après cinq ans de terrain, les bons emplacements, les appâts qui marchent, les erreurs les plus courantes, et le moment où il vaut mieux passer à autre chose.
Tapette à souris ou tapette à rat : choisir la bonne taille
La tapette, ou piège à ressort, tue en général l'animal sur le coup quand il appuie sur la palette ou tire sur l'appât. C'est le piège que je conseille en premier aux particuliers. C'est aussi celui que je privilégie lors d'une dératisation en cuisine ou en commerce alimentaire, où j'évite tout produit.
La taille compte plus que la marque :
- Pour une souris, prenez des tapettes à souris. Le déclencheur est sensible et le ressort suffit.
- Pour un rat, il faut des tapettes à rat, nettement plus grandes et plus puissantes. Une tapette à souris risque de le blesser sans le tuer, et un rat qui s'est fait pincer apprend vite à éviter les pièges.
- À l'inverse, une grande tapette à rat, plus dure à déclencher, est mal adaptée à une souris.
Les pièges électriques sont des boîtiers à piles : le rongeur entre, attiré par l'appât, et reçoit une décharge qui le tue. Ils sont propres, fermés et pratiques à l'intérieur, mais bien plus chers que des tapettes, et il faut les vider et surveiller les piles. Ils rendent service si vous ne supportez pas de voir l'animal, moins pour couvrir tout un sous-sol.
Pièges à cage et plaques de glu : ce qu'il faut savoir avant d'en acheter
Le piège à cage capture l'animal vivant. L'idée rassure, mais une question arrive vite : qu'en faire ensuite ?
- Une souris relâchée près de chez vous peut revenir : des souris déplacées jusqu'à environ 800 mètres ont retrouvé leur nid.
- Un rat relâché ailleurs, c'est un problème déplacé chez quelqu'un d'autre, et les rongeurs relâchés restent un risque sanitaire. C'est déconseillé.
- Enfermé, l'animal stresse et urine dans la cage, ce qui augmente le risque de contamination pour vous.
- La cage doit être contrôlée chaque jour, sinon l'animal meurt de faim ou de soif.
La cage ne se défend guère que pour un mulot, un rongeur des champs, à relâcher bien à l'écart des habitations, et à condition de fermer les accès : sinon il revient, ou un autre prend sa place. Pour le reconnaître, voyez comment différencier un mulot d'une souris.
Les plaques de glu, je ne les utilise pas et je vous les déconseille. L'animal reste collé des heures, se débat, se blesse et meurt lentement. Elles peuvent aussi piéger un oiseau ou un autre petit animal qui n'a rien à voir avec votre problème. Elles ne sont pas interdites en France à ce jour, comme l'a rappelé le ministère de la Transition écologique dans une réponse au Sénat en mai 2026. L'Angleterre, elle, les a interdites en 2024, avec des dérogations très limitées pour des professionnels. Et en pratique, les rongeurs adultes les repèrent et les contournent souvent.
Où poser un piège à rat ou à souris pour qu'il marche
Un rongeur ne traverse pas une pièce à découvert. Il longe les murs, toujours sur les mêmes trajets. Un piège posé au milieu du sol a très peu de chances de servir.
Les bons emplacements :
- le long des plinthes, là où vous trouvez des crottes ou des traces grasses ;
- derrière et sous l'électroménager, sous l'évier, au fond des placards bas ;
- près des trous, des passages de tuyaux et des bas de portes ;
- au garage, à la cave ou dans les combles, contre les murs et sur les poutres où passent les rats.
Posez chaque tapette perpendiculaire au mur, le côté de l'appât contre la plinthe : elle forme un T avec le mur. Le rongeur qui longe le mur passe alors sur le déclencheur, dans un sens comme dans l'autre. Les souris sautent parfois par-dessus un obstacle : deux tapettes côte à côte, à quelques centimètres l'une de l'autre, augmentent les chances.
Pour l'espacement, les guides techniques de lutte contre les rongeurs conseillent de ne pas dépasser environ 3 mètres entre deux pièges à souris, et d'espacer les pièges à rats de 3 à 6 mètres environ. Dans un petit appartement, cela fait vite plusieurs pièges par pièce touchée.
Appâts, nombre, patience : les réglages qui font la différence
Oubliez le fromage des dessins animés. Un peu de pâte d'arachide, de pâte à tartiner, une noisette, un fruit sec ou une croquette marchent très bien. Une quantité de la taille d'un petit pois suffit, bien collée sur le déclencheur : avec trop d'appât, la souris mange sans faire partir le piège.
Les erreurs que je rencontre le plus souvent :
- Trop peu de pièges. Une ou deux tapettes pour une maison entière, c'est trop peu. Pour une maison bien infestée, une douzaine de pièges n'a rien d'excessif.
- Armer tout de suite contre des rats. Le rat se méfie des objets nouveaux. Posez d'abord les tapettes appâtées mais non armées pendant quelques jours, jusqu'à ce que l'appât disparaisse, puis armez-les.
- Bouger les pièges tous les jours. Laissez-les en place plusieurs nuits. Déplacez-les seulement si rien ne se passe, et vers un autre passage marqué.
- Relever trop tard. Vérifiez vos pièges chaque matin : un animal mort attire les mouches et sent vite.
- Arrêter trop tôt. Continuez jusqu'à une semaine entière sans capture et sans nouvelles crottes.
Enfin, manipulez toujours les pièges et les rongeurs capturés avec des gants.
Enfants, chiens, chats : piéger sans danger et savoir passer la main
Une tapette à rat peut blesser un doigt d'enfant ou la patte d'un chat curieux, et un chien attiré par l'appât peut s'y pincer la truffe. Quelques règles simples :
- posez les pièges là où seuls les rongeurs passent : derrière un meuble, au fond d'un placard fermé, dans un garage fermé à clé ;
- à défaut, glissez-les dans une boîte ou un tunnel percé d'ouvertures juste assez grandes pour un rongeur ;
- ne posez jamais de poison à découvert à côté des pièges. Les appâts empoisonnés agissent avec plusieurs jours de retard, ce qui les rend traîtres pour les animaux : voir les risques des raticides pour les chiens et les chats.
Pour retirer un rongeur mort : gants, sac plastique noué, un second sac par-dessus, puis lavage des mains.
Les pièges ont leurs limites. S'il y a encore des captures ou des crottes après une à deux semaines, si plusieurs pièces sont touchées, s'il s'agit de rats dans la cave ou le jardin, ou si vous tenez un commerce alimentaire, il faut un traitement complet. Et tant que les entrées restent ouvertes, d'autres rongeurs remplaceront ceux que vous attrapez : boucher les trous avec les bons matériaux fait partie du travail.
Le bon piège, au bon endroit, en nombre suffisant
Contre des souris, des tapettes à souris ; contre des rats, des tapettes à rat, appâtées sans être armées les premiers jours. Posez-les en T contre les murs, sur les passages, en nombre suffisant, et relevez-les chaque matin. Laissez de côté la glu, et gardez la cage pour un mulot.
Si les captures ne s'arrêtent pas, le problème vient d'ailleurs : une entrée restée ouverte, une source de nourriture, une colonie installée dans un endroit inaccessible. C'est là que j'interviens, avec un diagnostic, des postes sécurisés fermés à clé, la fermeture des accès et une visite de contrôle incluse. Appelez-moi ou envoyez une photo des crottes ou des dégâts sur WhatsApp : le diagnostic est gratuit, et je vous dis franchement si vos pièges suffisent.

